Le 14 octobre 2025, Microsoft a mis fin au support de Windows 10. Sept mois plus tard, le constat est sans appel : selon les remontées Statcounter et les analyses Licendi sur le parc corporate européen, plus de 6 postes professionnels sur 10 tournent encore sous Windows 10 en mai 2026. Pour gagner du temps, beaucoup de DSI se sont inscrits au programme Extended Security Updates (ESU), annoncé par Microsoft à 52 € HT par poste et par an. Le tarif est exact, mais c'est la partie émergée.

Le mécanisme contractuel d'ESU contient cinq leviers de coût peu documentés en France : le doublement annuel cumulatif, l'achat rétroactif obligatoire, des canaux d'achat verrouillés, une carotte Windows 365 qui pousse vers le cloud, et un effet de levier sur les renouvellements Microsoft 365. Au final, sur un parc de 200 postes et 3 ans, la facture passe de 10 480 € HT (calcul naïf année 1) à 73 400 € HT minimum, et le parc reste sur un OS en fin de vie à la sortie.

Cet article décortique ces cinq leviers chiffres à l'appui, puis pose le comparatif honnête entre ESU et une stratégie circulaire combinant reconditionné Windows 11 et valorisation du parc actuel (Rachat ou Restart). Les sources Microsoft Learn officielles et la grille tarifaire BCE sont citées en bas de page.

1. Le doublement annuel cumulatif

Ce que Microsoft annonce

La page Microsoft Learn officielle dédiée à ESU pour Windows 10 le dit en une phrase : "Extended Security Updates for organizations and businesses on Windows 10 can be purchased today through the Microsoft Volume Licensing Program, at $61 USD per device for Year One. [...] The price doubles every consecutive year, for a maximum of three years."

Au taux de référence BCE du 25 mai 2026 (1 USD = 0,859 €), les tarifs commerciaux Microsoft pour ESU professionnel se traduisent ainsi en EUR :